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Ce Que les Paysans Mangeaient Vraiment au Cœur de l'Hiver — de Décembre à Février

Le Gardien des Savoirs

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Ce Que les Paysans Mangeaient Vraiment au Cœur de l'Hiver — de Décembre à Février

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Le Gardien des Savoirs
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De décembre à février, le menu ne changeait presque pas. Et ce n'était pas un défaut, c'était le système. La base, c'était le pain. Une miche de plusieurs kilos, cuite tous les huit ou quinze jours au four du village, coupée contre la poitrine. Ensuite la soupe, deux fois par jour. Matin et soir, épaisse, versée sur du pain dans l'assiette creuse. Les légumes venaient du silo et du grenier : choux, navets, carottes dans le sable, oignons tressés, courges sur la paille. Les légumes secs faisaient le reste : haricots, lentilles, pois. C'est de là que venaient les protéines, pas de la viande. La viande, elle, c'était le cochon et presque rien d'autre. Lard, saindoux, un jambon qu'on entamait tard et qu'on faisait durer. Le lait partait surtout en beurre et en fromage, parce que les vaches donnaient peu en hiver. Les œufs se raréfiaient aussi. Les poules pondent avec la lumière, pas avec la volonté. La pomme du fruitier et la noix du grenier tenaient lieu de dessert, quand il y en avait un. C'était monotone, calorique et suffisant. Ce qui manquait n'était pas la quantité, c'était la variété.