LE MANQUE MENT - Deep Warm Edit #01
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LE MANQUE MENT - Deep Warm Edit #01
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Lyrics/Paroles LifeGPF
Music & vocals : Suno enhanced by human
La nuit s’allonge depuis toi
Elle me ronge lentement
Ton prénom rôde dans le noir
Et vient saigner entre mes dents.
Je compte les heures, puis les jours
Leur décompte flirte avec l'hémorragie
Le temps ne mène plus à l’amour
Il tourne en rond dans mes insomnies.
Je croyais qu’avec les années
La douleur finirait classée
Rangée parmi les accidents
Que la mémoire efface lentement.
Mais le temps n’a rien soigné
Il a seulement perfectionné
L’art de compter les lignes de manque
Avec une infinie cruauté.
Il y a le manque et le manquement
Y a aussi quand le manque ment
Il dit « demain », il dit « encore »
Pendant que mon présent se tord.
Le manque ment sur les compteurs
Il dérègle minutes et heures
Une heure sans toi dure une année
Une année n’a rien effacé.
Ton corps me manque.
Pas en idée.
Pas en symbole.
Ton corps ne ment pas.
Ta peau sous mes doigts
Ton odeur au creux du cou
Le poids de ta jambe sur moi
Ton souffle chaud devenu flou.
J’ai gardé ta géographie
Dans la mémoire de mes mains
Elles connaissent encore le chemin
Même si elles ne trouvent plus rien.
La nuit me rend parfois ton sexe
Éros s'incruste dans mes rêves
Mon cœur s’emballe, mon sang s’excède
Ma peau réclame ce qui s’achève.
Puis l'aube pose sa lumière
Et Thanatos sourit derrière
Je tends le bras, le drap est froid
Le noir a repris sa place près de moi.
Il y a le manque et le manquement
Y a aussi quand le manque ment
Il me rend ta peau dans la nuit
Puis sournois la retire au matin.
Il parfume l’ombre de ton odeur
Fait battre le vide à la place du cœur
Le manque ment à mes cinq sens
Fait du néant une présence.
Et puis il y a la mémoire
Cette vieille trafiquante d’histoire
Elle prend nos éclats de verre
Les transforme en vitraux de lumière.
Elle noie les cris, dore les défauts,
Met du sublime sur nos chaos.
Nos jours banals deviennent suprêmes,
Nos erreurs finissent presque belles.
Je sais pourtant les mots trop durs
Les silences voilés, les fissures
Les peurs et les blessures
Tout ce qui rendait l’amour moins sûr.
Mais le manque passe derrière moi
Retouche tout ce que j’ai vu
Il gomme les causes, garde l’émoi
Et rend désirable ce qui n’est plus.
Rien n’a pâli de ce que je ressens
C’est le manque qui repeint le temps
Il gomme les angles de notre histoire
Et met de l’or jusque dans le noir.
Il y a le manque et le manquement
Y a aussi quand le manque ment
Il met du jour dans les ténèbres
Du miel sur ce qui était funèbre.
Il gomme le mal, garde la marque
Fait d’un amour perdu dans le noir
Un astre fixe, un point de départ
Un paradis qui n’a jamais existé nulle part.
Mais son mensonge le plus cruel
C’est le mot « possible », doux et mortel
Possible demain, possible un jour
Possible ailleurs, possible toujours.
Il sait quoi dire pour me tenir
Comment empêcher l’espoir de mourir
Alors j’attends des signes dans le vide
Une porte dans un mur trop lisse.
Je cherche une rive dans un fleuve noir
Un passage entre savoir et pouvoir
Le Styx déroule ses eaux devant moi
La raison d’un côté, de l’autre toi.
Et moi au milieu, à contre-courant
À perdre souffle et discernement
À vouloir rejoindre obstinément
Un endroit qui n’existe peut-être plus maintenant.
Il y a le manque et le manquement
Y a aussi quand le manque ment
Il dit « attends », il dit « cours »
Il fait d’un peut-être un faux retour.
Il ment sur l’avenir, sur le hasard
Il laisse une lumière dans le noir
Assez pour que je reste debout
Pas assez pour me mener jusqu’au bout.
Alors j’ai voulu comprendre
Mettre du savoir sur mes cendres
Une cause sur chaque douleur
Un chiffre sur chaque peur.
J’ai voulu mesurer le manque
Sa vitesse, son poids, son angle
Savoir combien de temps un homme
Peut vivre amputé de son royaume.
J’ai suivi toutes les lignes de manque
Celles du corps, celles du temps
Celles qui traversent mes nuits blanches
Et reviennent au même point, obstinément.
Mais il n’existe aucune équation
Aucun remède, aucune raison
Seulement ce vide qui transcende
Les jours, les années, ce que j’attends.
Ce vide porte ton visage
Mais n’a plus la chaleur de ta peau
Il me suit comme un présage
Une deuxième ombre dans le dos.
Et peut-être que certains amours
Ne meurent pas avec les jours
Ils changent de forme, deviennent manque
Puis manque du manque, et le cœur flanche.
Puis vient la peur, plus clandestine
De ne plus souffrir, de perdre le signe
Comme si la peine, faute de mieux
Prouvait encore qu’on était deux.
C’est là que le manque ment le mieux.
Il y a le manque et le manquement
Y a aussi quand le manque ment
Il ment sur le temps, il ment sur ton corps
Il ment sur hier, il ment encore
Il ment dans mes rêves et dans ma peau
Dans mes nuits, dans mes sanglots
Il peut maquiller toute l’histoire
Mettre une lune au fond du noir.
Mais il ne peut travestir
Ce qui refuse de disparaître
Le vide à côté de moi
N’a jamais appris à mentir.
Le manque ment
Seule demeure l’absence
Obstinément.