M AVANT N - Radio Edit
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M AVANT N - Radio Edit
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Lyrics/Paroles LifeGPF
Music & vocals : Suno enhanced by human
M et N se touchent dans l’alphabet,
Comme si quelqu’un avait prémédité ma peine.
Deux lettres accolées pour l’éternité,
L’une se prononce « aime »,
L’autre se prononce « haine ».
J’aime la façon dont tes yeux
Font tomber le jour plus lentement,
La courbe exacte de ton sourire,
Tes silences quand ils parlent doucement.
J’aime jusqu’à ce que tu ignores
De la lumière que tu déplaces.
Et je hais l’homme à côté de toi,
Celui qui s’endort dans mon absence,
Celui dont le souffle prend la place
Où je posais mes confidences.
Je hais l’idée, plus que l’homme peut-être,
Qu’un autre ferme les yeux
Là où j’aurais voulu renaître.
M.
N.
Deux wagons sur le même rail,
Et mon cœur entre les deux déraille.
J’aime ta peau dans ma mémoire,
Sa géographie sans frontière,
Les chemins que mes mains savaient
Même les yeux fermés, même sans lumière.
J’aime ton parfum resté prisonnier
Dans quelques pièces de la maison,
Comme si l’absence avait appris
À fabriquer des apparitions.
Et je hais ses matins près de toi,
Ces gestes devenus ordinaires,
Un café, une voix, quelques pas,
Là où je voyais l’extraordinaire.
Je hais qu’il puisse trouver normal
Ce qui pour moi relevait du miracle,
Qu’il habite sans même trembler
Ce qui fut mon plus beau spectacle.
M murmure.
N grince.
« Aime » ouvre les bras.
« Haine » serre les poings.
Et moi je passe de l’un à l’autre
Sans jamais savoir lequel me tient.
J’aime encore ce qui me détruit :
Ta voix lorsque mon téléphone s’allume,
Cette seconde où ton prénom suffit
À rendre de l’oxygène à mes poumons.
J’aime la femme que tu étais,
Celle que tu es loin de moi,
Et même celle que je ne connais plus,
C’est peut-être le pire endroit.
Et je hais qu’il connaisse maintenant
L’envers du décor et de tes nuits,
Tes réveils froissés, tes cheveux défaits,
Tes colères, tes rires, tes insomnies.
Je hais qu’il puisse tendre la main
Et rencontrer ce que je rêve encore,
Pendant que je tends la mienne au vide
Comme un aveugle cherchant ton corps.
Quelle ironie :
Dans l’alphabet, M touche N.
Dans ma poitrine aussi.
Pas même une lettre d’écart
Pour empêcher l’amour
De coucher avec la haine
Dans le même lit.
J’aime jusqu’à mes souvenirs faux,
Ceux que le manque embellit peut-être,
Les heures ordinaires devenues tableaux
Depuis que je ne peux plus les remettre.
J’aime nos défauts rétrospectifs,
Nos guerres minuscules, nos armistices,
Tout ce qu’on croyait imparfait
Et que l’absence transforme en délice.
Et je hais celui qui n’a rien volé
Puisque tu as choisi de partir.
Voilà peut-être ma pire vérité,
Celle que je voudrais contredire.
Je hais sa place davantage que lui,
Son ombre davantage que son visage,
Car il est devenu malgré lui
Le figurant central de mon naufrage.
Alors je monte et je descends,
M puis N,
N puis M,
Montagnes russes sans manège,
Passion contre passion,
Jamais raison contre raison.
Car on ne hait avec cette force
Que là où quelque chose brûle encore.
Mais un jour la haine se fatiguera.
Elle a besoin de lui,
De son visage,
De sa présence,
D’une comparaison pour respirer.
L’amour, lui, n’a besoin que de toi.
N disparaîtra peut-être
Quand l’homme cessera d’avoir de l’importance.
M restera,
Même seul,
Même vieux,
Même privé d’espérance.
L’alphabet avait peut-être tout prévu :
M sera toujours appelé avant N.
« Aime »
avant
« Haine ».
Et même dessinées côte à côte,
Les deux lettres ne partent pas à armes égales :
Le M pose trois jambes sur la ligne,
Quand le N n’en possède que deux.
Trois jambes courent plus vite que deux.
Alors cours, ma haine,
Cours tant que tu peux.
Tu t’essouffleras avant moi.
Parce que je peux cesser de le haïr
Sans jamais cesser de t’aimer.
Parce que N n’existe que tant qu’il me blesse,
Quand M existe encore lorsque tout s’est tu.
Parce qu’après la colère,
Après l’orgueil,
Après lui,
Après nous,
Il restera cette évidence
Que même l’alphabet n’a jamais osé inverser :
M avant N.
L’amour avant la haine.
Toujours.