Le vaisseau de 64 canons : pourquoi la France l’a abandonné
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Le vaisseau de 64 canons : pourquoi la France l’a abandonné
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⚓ Le 19 avril 1782, dans le passage de la Mona, un seul vaisseau britannique prend deux vaisseaux de ligne français en un après-midi. Le second résiste trois quarts d’heure avant d’amener. Il s’appelle le Jason, il a trois ans, et il est le dernier vaisseau de 64 canons que la France ait construit. Elle en avait lancé soixante et un. Les Britanniques, eux, en construiront encore pendant huit années.
Nous démontons ce vaisseau comme une machine : vingt-six canons de vingt-quatre livres sur la première batterie, vingt-huit de douze sur la seconde, cinq cent dix livres de bordée, cinq cent trente-huit hommes au règlement de 1786, cinquante mètres de coque et cinq mètres et demi de tirant d’eau. Puis nous regardons ce qui le condamne, et ce n’est pas un défaut de construction : c’est un étage de calibre. Le 74 français porte du trente-six en bas et du vingt-quatre à l’étage au-dessus — autrement dit, la batterie la plus lourde du 64 est la batterie moyenne du 74.
Reste la moitié de l’histoire que l’on raconte rarement. Ce vaisseau que la France écarte de sa ligne de bataille, la Royal Navy le garde un demi-siècle de plus, et pour de bonnes raisons : les convois, les stations lointaines, et les eaux basses de la mer du Nord et de l’Inde. Sept des douze vaisseaux de Suffren à Sadras sont des 64. Trois des douze vaisseaux que Parker confie à Nelson devant Copenhague sont des 64. Et l’Agamemnon, le vaisseau préféré de Nelson, en est un.
⏱ Sommaire
00:00 Le passage de la Mona
00:51 Le vaisseau et ses chiffres
02:52 D’où vient le type
04:54 Ce que Londres a copié
06:58 Le chiffre qui tue
09:08 Ce que la coque achetait
11:13 L’escadre de Suffren
13:29 Le Sévère
15:41 Le passage de la Mona
17:39 Trois capitaines, trois verdicts
19:38 Pourquoi la France a arrêté
21:42 Pourquoi Londres a continué
24:09 L’Agamemnon
27:23 Sources
📜 Ce que l’on sait et ce qui est reconstitué Les dimensions, les armements, les effectifs réglementaires, les dates de lancement et les pertes au combat viennent des monographies et des dépêches citées plus bas. Trois formulations de cette vidéo sont nos conclusions et non des citations de source : que la batterie la plus lourde du 64 soit la batterie moyenne du 74 est une lecture des états d’armement ; que le type meure d’une standardisation et non d’un défaut est notre interprétation du programme de 1786 ; les soixante-dix-sept tonnes de la première batterie sont notre calcul. Le relevé des formes du Fougueux par Slade n’est documenté par aucune pièce connue. Le Borée est porté à soixante-deux canons dans certaines listes de constructeurs. Les pertes françaises du passage de la Mona ne figurent dans aucun état retrouvé. La phrase de Nelson sur l’Agamemnon est rapportée par le chantier de Buckler’s Hard sans date ni destinataire. Les pertes propres du Sévère à Négapatam ne sont pas connues, et l’heure d’ouverture du feu varie entre dix heures quarante et neuf heures et demie selon les sources. Les images sont des reconstitutions.
📚 Sources • Boudriot J. et Berti H., « Les Vaisseaux de 50 et 64 canons », Éditions Ancre • Winfield R. et Roberts S., « French Warships in the Age of Sail 1626–1786 », Seaforth • Taillemite É., « Dictionnaire des marins français », Tallandier • Musée national de la Marine, Paris, Rochefort, Toulon, Brest • Service historique de la Défense, Vincennes • London Gazette, dépêches de Sir Edward Hughes, 1782
🎬 Archives de la Marine — l’ingénierie de l’âge de la voile.
⚓ Et dites en commentaire lequel de ces chiffres vous a le plus surpris, et pourquoi celui-là.
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