JR26 | L’élévation du niveau de la mer selon la TRACC et ses conséquences sur les risques côtiers
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Dans le cadre de son troisième plan national d’adaptation (PNACC), la France
développe un ensemble cohérent de scénarios climatiques fondés sur
des niveaux de réchauffement global. La trajectoire de référence (TRACC)
considère un scénario conduisant à une augmentation de la température
moyenne mondiale de 3° C par rapport à la période préindustrielle, ce qui est
cohérent avec les politiques climatiques actuelles à l’horizon 2100.
Nous présentons ici la méthode conçue pour construire les scénarios
régionalisés d’élévation du niveau de la mer alignés sur des trajectoires de
réchauffement global jusqu’en 2120. Cette méthode repose essentiellement
sur (i) l’agrégation des différentes composantes à l’élévation du niveau (glaciers,
calottes polaires, expansion thermique, etc) dont les projections individuelles
sont sélectionnées en cohérence avec les trajectoires de réchauffements
global, (ii) leur régionalisation et (iii) une attention particulière à la cohérence
du traitement des incertitudes avant et après 2100. En outre, nous avons
ajouté des simulations prenant en compte un éventuel effondrement des
calottes glaciaires pour des niveaux de réchauffement global de 3 °C et 5 °C
en 2100.
Nos résultats indiquent une élévation du niveau marin de l’ordre de 25 cm
(médiane) à 35 cm (83e percentile) en 2050, 65 cm (médiane) à 85 cm
(83e percentile) cm en 2100 et 85 cm (médiane) à 110 cm (83e percentile)
en 2120 (par rapport à la période 1995-2014) avec des variations régionales
qui peuvent dépasser plusieurs dizaines de cm. Nous discuterons de cadres
potentiels d’application de ces scénarios, de leur mise en référencement dans
le système altimétrique légal, ainsi que de leur impact sur la vulnérabilité
côtière en Hexagone et dans les territoires ultra-marins et du développement
de services climatiques côtiers.
Par Rémi Thiéblemont (BRGM), Gonéri Le Cozannet (BRGM), Tanguy Jonvillef (BRGM)