Comment on a rasé une cité épiscopale et laissé sa cathédrale seule au milieu des étangs : Maguelone
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Comment on a rasé une cité épiscopale et laissé sa cathédrale seule au milieu des étangs : Maguelone
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Un seul bâtiment. Sur cette langue de sable entre l'étang et la mer, il ne reste aujourd'hui qu'une église romane, seule au milieu des vignes. Autour d'elle, il y avait une ville : une cathédrale fortifiée aux murs de plus de deux mètres d'épaisseur, un cloître à deux étages, le logis de l'évêque et ses annexes, les maisons de soixante chanoines, un port, une enceinte et ses tours. Maguelone fut, pendant près de mille ans, l'un des plus anciens sièges épiscopaux du Languedoc — et le seul de France posé sur une île, séparé de ses paroisses par une lagune. En 1096, le pape Urbain II y séjourna et proclama cette église la seconde après celle de Rome. Le 27 mars 1536, une bulle du pape Paul III, obtenue par le dernier évêque Guillaume Pellicier à la demande de François Ier, transféra le siège à Montpellier. Le chapitre partit, les bâtiments furent vendus, on démolit. En 1632, au lendemain des révoltes de Rohan et de Montmorency, l'ordre tomba de démanteler la forteresse afin que la place ne puisse plus servir à troubler l'ordre public — sans toutefois toucher à l'église. En 1708, le chapitre vendit les derniers pans de murs et les pierres de taille, destinés aux berges du canal du Rhône à Sète. Classée dès 1840, sauvée par Frédéric Fabrège à partir de 1852, rendue au culte en 1875, la cathédrale est aujourd'hui entourée de dix-huit hectares de vignes, et l'ensemble de la cité épiscopale et canoniale est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du 1er juillet 2014. Voici l'histoire complète d'une ville dont il ne reste qu'un seul bâtiment.
Ce que vous allez apprendre :
— ce qu'était une cité épiscopale insulaire : l'île entre la mer et les étangs, le port et le grau, la chaussée bâtie vers 1030 par l'évêque Arnaud, le chapitre de chanoines réguliers, la cathédrale romane fortifiée du douzième siècle et son portail de 1178 signé par le sculpteur Bernard de Tréviers ;
— pourquoi le site fut détruit en 737 puis laissé trois siècles au sable, comment il devint terre de l'Église romaine, et ce que signifiaient l'indulgence accordée par Urbain II en 1096 et les refuges pontificaux du douzième siècle ;
— comment une communauté d'environ soixante chanoines a vécu sur quelques hectares, et pourquoi les statuts de 1220 placèrent les écoles de médecine de Montpellier sous la juridiction de l'évêque de Maguelone ;
— comment on démonte légalement une ville : le transfert du siège en 1536, le démantèlement ordonné en 1632, la vente des pierres en 1708 pour les berges du canal des Étangs, le classement de 1840, la restauration de Frédéric Fabrège — et ce qui reste aujourd'hui : l'église, les fouilles, le vignoble et le domaine agricole.
Contenu éducatif et historique.
Sources principales :
— Base Mérimée / POP, ministère de la Culture — notice PA00103757, ensemble historique et archéologique de la cité épiscopale et canoniale de Maguelone (pop.culture.gouv.fr)
— Inventaire général du patrimoine culturel d'Occitanie — dossier IA34900908, ancienne cathédrale Saint-Pierre de Maguelone (inventaire.patrimoines.laregion.fr)
— Les Compagnons de Maguelone — dossiers Maguelone dans l'histoire antique et moderne, et Les fouilles récentes à Maguelone (compagnons-de-maguelone.org)
— Études Héraultaises — Maguelone, grand passé, petite île (1967-1973) ; L'évêché de Maguelone au Moyen Âge (etudesheraultaises.fr)
— INSEE — dossier complet de la commune de Villeneuve-lès-Maguelone (34337), recensement de la population (insee.fr)
— et d'autres sources (Archives de Montpellier, statuts de 1220 des écoles de médecine ; Gallica-BnF et Persée, travaux de Frédéric Fabrège sur l'histoire de Maguelone ; INA, fresque Rivages héraultais ; Conservatoire du littoral, salines et étangs palavasiens)
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